Témoignages

 
L'équipe du défi "Réunion 2019" témoigne

Tous les randonneurs, malades ou accompagnateurs, du défi relevé sur les sentiers de l'île de la Réunion en octobre 2019, ont souhaité apporter leur témoignage, en remerciement pour toute les aides morales et financières qu'ils ont reçues de toutes parts et qui leur ont permis de se dépasser et de vivre une expérience extraordinaire et (re)constructive.

Cliquez sur une photo pour en découvrir le témoignage

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Catherine
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Marion
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Marie
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Nathalie
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François
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Bernard
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Simon
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Simon
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Sabine
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Jean-Luc
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Gaëtane
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Geneviève
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Patrick
Marion
 

J'ai été contactée par Bernard peu après la naissance du projet pendant une séance de réflexologie et  tout de suite j’ai été emballée.

Quand il m'a dit que c'était pour dans un an et demi cela me semblait être une éternité et j’ai été quelque peu refroidie.

 

Le temps a passé avec tous les événements que nous avons organisés et qui nous ont permis de réduire les coûts du voyage.

Les membres du groupe ont changé : Babette qui nous a malheureusement quittés, des gens qui sont partis, d'autres qui se sont rajoutés et le groupe a grandi.

Finalement nous étions 13.

Des gens que je ne connaissais pas tellement, on s'est vu quelques fois aux réunions et préparations mais de là partir avec eux faire un tel défi, j'étais un peu sceptique.

Pour le défi sportif je ne m’inquiétais pas trop. Je m'étais entraînée.

Si j'avais su ........

Je n'ai jamais vécu deux semaines avec des gens aussi extraordinaires, sensibles, à l'écoute de l'autre, dans le respect des autres, de leurs opinions et de leurs capacités et limites aussi, bienveillants, courageux, charmants, qui donnent du fond de leur cœur avec un calme et une joie surprenante.

Chaque moment de ce défi, physiquement très difficile, et que j'avais sous-estimé,  était un pur bonheur pour moi. J'étais là où je voulais être.

Le retour a été évidement difficile parce que les obligations sont là, les visites à l'hôpital etc.

Et en même temps le souvenir me portera encore longtemps. 

 

Enfin, comme prévu, nous poursuivons notre projet pour préparer et réaliser d'autres défis et d'autres aventures. Ce n'est pas fini, il y aura une continuité qui nous demande déjà de réfléchir et de travailler sur de nouvelles idées. L'aventure continue ......

 
Marie

Il y a 18 mois, quand je me suis engagée dans le projet, j’étais, une fois de plus persuadée, que dans 18 mois (avenir fort fort lointain ;-)), je serai au top de ma forme, et que ce sera easy game ! 

Au final, à l'approche du départ, je déchantais sérieusement. J'ai même hésité à partir à cause de mes divers soucis de santé qui n'ont jamais vraiment cessé depuis ma chimio. 

Je trouve qu’en conclusion tu devrais aussi dire que vous avez prouvé que malgré la maladie on peut y arriver

 

En partant j'étais mitigée. D'un côté très inquiète car ces problèmes de santé m'avaient empêchée de m'entraîner correctement depuis plus de 3 mois et que ma forme et santé n'étaient pas franchement au RDV. En même temps j’étais confiante car  tout de même parvenue à faire les exercices de musculation (proposés par notre super kiné et guide Jean-Luc) me permettant d'avoir un 3ème test à l'effort au Da Vinci meilleur que le précédent ! 

 

Arrivée sur place, ce fut très compliqué. J'arrive malade et réglée (le jour du départ, il fallait que la machine décide de se remettre en route après 3 ans ! pour ceux qui ne le savent pas, la chimio nous met en ménopause...)

 

Ensuite les défis se suivent mais ne se ressemblent pas. Je galère sur les premières randos, j'ai du mal à arriver au bout...

Comment suis je arrivée à chaque fois au sommet ? : grâce à l'énergie du groupe, à mon compagnon François, à toutes les personnes en Belgique qui m'ont soutenue et aussi à mon fidèle compagnon : mon mental d’acier !

Au fur et à mesure, la santé va mieux, les règles hémorragiques ne sont plus qu'un lointain souvenir... et je commence à prendre pleinement conscience de la chance que j'avais de vivre cette aventure (j'avoue, au début, je pestais un peu!) Malgré la difficulté de ces marches, je me suis surprise à prendre plaisir à les gravir et à me sentir chaque jour encore plus forte et plus enVie!

Le dernier sommet du piton des Neiges fut laborieux avec le départ à 3h30 du matin... et les nausées matinales journalières.  Arrivée au sommet, les émotions se mélangent; fierté, fatigue et mélancolie de tous ceux qui nous ont quitté trop tôt et qui n'auront pas eu la chance de vivre cette expérience....

 

Le retour sur le sol belge fut déconcertant. 

Bien sûr, ravie de retrouvée ma famille; ma sœur et ma maman ainsi que mes 2 chéris (mon cheval et mon chien), mais ce fut également une souffrance de ne plus être avec le groupe. Ensuite, s'en est suivi une grosse fatigue.... il me faut du temps pour récupérer de notre exploit!

 

Ce que je retiendrai de ce voyage ? Tellement de choses, mais aussi que nous avons passé 17 jours en promiscuité à 13 (et même à 17 pendant 4 jours....) et que pas une fois nous avons eu un mot plus haut que l'autre.

 

Je résumerai ce voyage par un mot: BIENVEILLANCE. 

Merci à vous tous (ceux du groupe et ceux en Belgique) d'avoir été VOUS !

 
Gaëtane

Lorsqu'on m'a demandé d'écrire un texte sur notre voyage, je me suis dit : « chouette j'ai plein de choses à raconter ». Mais comme je suis un peu lente et que mes compagnons de challenge ont la plume plus vive, me voilà le bec dans l'eau, obligée de faire travailler mes méninges : « qu'est-ce que j'ai envie de vous dire de plus? » Tout simplement : « Merci !».

 

Je remercie mon neurochirurgien sans qui je serais, sans nulle doute, dans d'autres cieux. Et à qui, à ma sortie d'hôpital, je promis, les doigts croisés sous ma couverture, de ne pas remonter sur mon vélo et de ne pas conduire ma voiture pendant minimum 6 mois. Merci papa et maman pour vos talents de conducteurs. Ma bicyclette est ressortie avec le beau temps.

 

Je remercie mon pneumologue et ces 4 petites pastilles matinales pour lesquelles j'accorde un 4 sur 5 ; petites, faciles à transporter et pas trop d'effets secondaires ; le plus ennuyant étant le cholestérol, donc régime et 1 cachet supplémentaire au soir. Le traitement précédent ne méritait lui qu'un 2 sur 5.

 

Chers infirmières, infirmiers, personnel soignant, je m’excuse d'avoir pris ma douche sans vous avoir avertis et d'avoir eu un petit malaise, mais enfin, qui a eu l'idée de mettre à disposition des patients de l'eau si chaude. Je reconnais que je suis un peu douillette, mais se faire piquer de tous les côtés, c'est pas drôle. Je vous remercie surtout d'avoir consacré un peu de votre temps si précieux auprès de moi, plus particulièrement lors de mes insomnies. Un petit clin d’œil à ma belle-sœur, elle saura pourquoi.

 

Lorsque je suis rentrée à la maison, je me suis rendue compte que j'arrivais à peine à monter les 17 marches d'escaliers, que j'avais le mal de mer et surtout qu'après ce mini effort, j'étais épuisée. J'allais avoir besoin d'aide. Beaucoup d'aide. Merci à mes parents et beaux-parents de s'être relayés ; grâce à vos savoureuses soupes, purées et compotes, j'ai repris du poids et très vite j'ai pu marcher jusqu'au bout de la rue. Rapidement le bout de celle-ci n'était plus suffisant, alors mes amis et mes collègues ont pris la relève, jusqu'au jour où ils ont abandonné, oublié leurs baskets. Je n'ai pas très bien compris pourquoi. Maintenant, ils préfèrent me rendre visite seulement pour un café. Allez faire un petit jogging, visiblement, ne les tente pas. Finalement, c'est peut-être à cause de mes deux entraîneurs préférés.

 

Comme je n'avais plus assez de propositions de sorties, je devais trouver une alternative. Faire du sport avec d'autres malades me semblait motivant ; même si les premiers mois, je comparais cette dépense physique à de la torture, heureusement qu'il y avait les copines de cours. C'est plus ou moins à ce moment-là que j'ai rencontré Bernard qui me parla du défi. Je me mis en tête que je serais une des participantes.

 

Ma plus grande crainte à la sortie de clinique était que je ne puisse plus lire, plus écrire, ... calculer, je m'en moquais un peu. Avec bonheur, ce ne fut que momentané. Merci cousin pour les BD. Je te rappelle que j'en ai encore une dizaine qui prennent la poussière dans ma chambre à coucher. La concentration, elle, a mis un peu plus de temps à revenir. Mais à quelques semaines de notre départ pour l'île de la Réunion, je me suis surprise à enfiler tout un livre, en une journée. C'est vrai qu'il était passionnant. Il était temps, car en ce qui concerne les bouquins, je suis atteinte de fièvre acheteuse ; même quand je ne lisais plus, ils continuaient inexorablement à s'accumuler dans ma bibliothèque.

 

Merci à mes compagnons de voyage ; leur entrain et leur positivisme tout au long du chemin m'ont permis d'atteindre le graal, le sommet du Piton des Neiges.

 

Je remercie ma famille au sens large et toutes les personnes qui m'ont soutenue parfois de façon inattendue, certaines petites attentions étaient plutôt originales.

 

Mais le plus important je remercie ma famille proche. Mon mari, ce grand gaillard avec ces grands yeux bruns pétillants, un mélange de Zeus et d'Apollon, qui est là chaque matin à mon réveil (sauf quand je suis en vadrouille). Il est celui qui du jour au lendemain a dû tout prendre en main, celui sur lequel j'ai pu et peux me reposer. Mes enfants, ces jeunes adultes, un peu rebelles, qui prennent tout doucement leur indépendance, qui sont chacun à leur manière présents pour moi.

 
Geneviève

Ces 17 jours furent pour moi très intenses, cette intensité se situe à tout niveau.

Intensité des randos dans des sites plus beaux les uns que les autres, certaines difficiles du aux dénivelés, aux types de sentiers, aux marches de pierre, à la boue, … Heureusement, sportive et bien préparée, en effet, depuis le cancer, je me suis donné le défi de faire encore plus de sport pour ne laisser aucune chance à la récidive. Partir avec EnVie contribue à cet objectif.

 

J’ai adoré le volcan de la Fournaise, son côté minéral, le feu sous nos pieds, une belle connexion entre la terre et le ciel. Le Cirque de Mafate, terre de refuge des esclaves, a fait émerger chez moi beaucoup d’émotions, tristesse, peur peut-être même de la colère, j’ai tout laissé là-bas. L'ascension de nuit du Piton des Neiges et s’émerveiller par le splendide lever du soleil fut la cerise sur le gâteau !

 

Intensité des observations incroyables du monde sous-marin de l’Océan Indien, des baignades vivifiantes dans les eaux froides de la grotte de la Chapelle et des cascades que demander de plus pour se sentir ‘EnVie’!

 

Intensité aussi par le programme très chargé et les nuits souvent trop courtes, la difficulté fut pour moi de gérer le manque de sommeil.

 

Intensité surtout du vivre ensemble, nous procurant des échanges riches, drôles et parfois émouvants, j'ai découvert des personnes formidables qui gagnent toutes à être connues, m’apportant de nouvelles amitiés. Je suis admirative des ressources et du courage des participants mais aussi des personnes qui nous ont accompagnées, chargées de matériel et de nourriture ainsi que de l’équipe de Télévie.

 

Je termine en remerciant tous ceux qui m’ont permis de vivre ces expériences inoubliables, le groupe, Arnaud, mes enfants, ma famille et mes amis et toutes les personnes qui aident et soutiennent l’association.

 

Enfin, j’encourage tous ceux qui se battent aujourd’hui et leur souhaite de pouvoir vivre des expériences aussi enrichissantes.

 
Catherine

Petite histoire qui donne Espoir

 

Avant mon départ, j’écrivais ceci : « Participer à ce projet « CAN le défi CER la vie » est une évidence, refaire le plein d’oxygène, m’offrir un nouveau souffle, me surpasser, me savoir encore et toujours capable. Tout en y ajoutant la dimension humaine : le partage d’émotions »

 

Quand la maladie est venue frapper mon corps, que le diagnostic est tombé, mon esprit fut envahi de questions, de peurs, d’angoisses. Cette issue incertaine….

Deux possibilités se sont offertes à moi, l’une fataliste, l’une combative.

 

A l’instar de ce projet, à la finalité incertaine également…

Ce qui suscita chez moi de nouvelles questions, peurs ou angoisses et bousculait mon statut de patiente atteinte d’un cancer, mon quotidien.

A nouveau, deux attitudes, prendre le train ou en descendre.

Je me souviens très bien du moment où j’ai choisi de prendre le train.

 

C’était un défi fou, presqu’improbable : allier voyage et sport comme revanche sur la maladie.

 

C’était sans compter sur la détermination d’un petit groupe de personnalités. Le projet « enVie » se concrétisait.

 

L’arrivée au sommet du Piton des Neiges est l’aboutissement et l’objectif visible de tous.  Mais rien n’aurait pu voir le jour sans préparation préalable pendant plusieurs mois.

C’est précisément dans ce laps de temps que la dimension du collectif a pris tout son sens : échanges, respect, choix, consensus, bonnes habitudes, travail au quotidien, persévérance, sacrifice, échec, engagement collectif et individuel, déception, rebondissement, obstacles, solutions, …

 

Avec le temps, nos forces et nos énergies tant individuelles que collectives se sont amplifiées pour atteindre le sommet que nous nous étions fixé.

 

Mettre en mots les expressions ressenties par mon corps et la rafale d’émotions vécues et ressenties là-bas.

 

Ce voyage s’est avéré être au-delà de ce que j’avais pu visualiser. Je me suis enrichie d’une multitude de souvenirs.

 

Le groupe a permis de potentialiser notre mise en mouvement. C’est en choisissant de participer à un projet collectif que j’ai pu atteindre mes objectifs personnels de revalidation.

J’ai pu trouver une forme de bonheur et de bien-être à l’état pur.

 

Je me suis retrouvée face à moi-même au contact des autres. Dans l’effort physique à fournir je me retrouvais seule, mais dans les débriefings journaliers j’étais au contact des autres.

Ce sont les allers-retours entre moi et le groupe, entre solitude et partage, qui m’ont permis de cheminer, une sorte de thérapie. Tout ce cheminement intérieur aide à avancer, à passer à autre chose.

 

L’arrivée au sommet fut pour moi comme le passage d’une ligne d’arrivée.

 

Chacun d’entre nous, même non touché par la maladie, devrait s’offrir un temps pour soi, loin du tourbillon de nos vies modernes.

 

En prenant du recul, je n’ai eu aucun courage, j’ai juste développé une forme de résilience. Ma capacité à surmonter les épreuves mises sur mon chemin de vie. J’ai pris conscience de mes propres ressources mais également de la puissance du collectif.

 

Aujourd’hui, si je devais transmettre un seul message, ce serait celui-ci :

« Osez la vie, osez les rencontres, dépassez vos craintes et vos angoisses. Ne restez pas seul.

Sans plus attendre, mettez-vous en action »

Je ne peux que vous inviter à rejoindre un collectif, quel qu’il soit, pourvu qu’il ait du sens pour vous-même.

 

Vous avez envie de participer à un prochain voyage ? Lancez-vous

 

Actuellement, je peux passer au chapitre suivant, cultiver ma sérénité, vivre l’instant présent et concevoir d’autres projets.

 
Simon

L’avant :
Etant dans l’aventure depuis le premier jour, j’ai vu naitre et grandir ce projet jour après jour jusqu’à sa réalisation. La destination de l’ile de la Réunion a été évoquée dès le premier meeting avec Bernard et Babette. La description de Bernard, la localisation géographique de l’ile, le côté énergétique du lieu, l’ascension d’un volcan, … tout était réuni pour réaliser un défi sportif dans un cadre unique.

 

J’avais repris ma vie normale depuis mes dernières chimio. Entre le boulot, ma vie de couple, ma formation d’initiateur au sein de AFG, la création d’EnVie, le golf avec mes amis, j’avais une vie bien remplie ! Il fallait trouver dans mon planning un moment pour l’entrainement afin d’être prêt pour octobre 2019 et cela n’allait pas être simple !
J’avais vu des photos, des reportages, lu un article ou l’autre sur l’Ile de la Réunion mais je ne réalisais pas vraiment ce que mon corps allait devoir endurer. Inconsciemment je me refusais d’y penser afin d’avoir la pression le plus tard possible.
Quelques jours avant le départ le stress était là. Comme avant chaque voyage, il y avait une petite peur de l’inconnu. Je partais « seul » pour 17 jours avec un groupe de personnes que je connaissais sans vraiment les connaitre ! Puis une question me trottait dans la tête, suis-je vraiment prêt physiquement pour ce défi sportif ?

 

Pendant :
En arrivant là-bas, je m’étais fixé un objectif, me prouver à moi-même que malgré la maladie j’étais encore capable de réaliser de beaux défis sportifs.
Je me doutais que Cela serait sûrement difficile par moments mais j’avais bien prévu d’atteindre la cible quoi qu’il arrive !

 

Jean-Luc nous avait concocté un voyage bien réfléchi ! Nous allions crescendo dans la difficulté. Chaque jour on en prenait plein les yeux malgré les complexités. Je ne sais pas si cela était réellement voulu mais tout au long de ce voyage, nous avons pu nous imprégner de l’énergie de l’air par notre baptême en parapente, de celle du feu par l’ascension du piton de la Fournaise, de la terre par notre périple dans le cirque de Mafate et celle de l’eau par la mer ou par le biais de diverses chutes d’eau.

 

Tantôt devant, tantôt derrière, je recherchais la solitude dans le groupe afin de pouvoir marcher dans le silence, marcher en pleine conscience. Je me nourrissais du paysage, de la lumière, du chant des oiseaux, de la nature qui m’entourait …
Je me sentais à la fois porté par l’énergie des lieux traversés que soutenu par celle du groupe. Certes cela restait difficile mais j’avais la sensation de gravir chaque pierre avec une certaine légèreté.

 

Par moments, mon passé refaisait surface et je repensais à ce que j’avais vécu, d’où je venais et du chemin déjà parcouru. Je pensais à ceux qui m’avaient accompagné dans les périodes difficiles comme dans les bons moments. J’aurais tellement eu envie qu’ils soient là afin de pouvoir partager cet instant magique !
Chaque soir Fin de journée, c’était le tour de table avec le groupe, on partageait notre ressenti de la journée. Quel bonheur de pouvoir s’écouter, d’échanger, de se confier. Chaque mot, chaque histoire partagée nous renvoyait d’une manière indirecte à nous-même et nous permettait également de cheminer. Jour après jour, on s’ouvrait un peu plus vers le groupe. Malgré nos différences, notre cancer nous rapprochait et nous liait.

 

L’objectif final : le piton des neiges ! Ce fut sans aucun doute la partie du trek la plus difficile ! Deux jours pour arriver au sommet. Une journée à marcher dans la boue, à gravir des échelles, monter des escaliers sans fin, escalader d’énormes blocs de pierre sur un chemin qui n’en finissait pas. Quelques heures de repos dans un refuge sans confort à 2500m d’altitude, puis en plein milieu de la nuit, l’ascension finale dans le froid pour atteindre le point culminant de l’océan indien. L’altitude se faisait sentir et l’effort à produire devenait de plus en plus difficile. Nous avions prévu d’atteindre le sommet au petit matin dans le but de contempler le lever du soleil. Certains auraient pu y arriver mais d’autres pas ! Nous étions unis dans notre effort et c’est ensemble que nous souhaitions atteindre le sommet ! Plus que quelques centaines de mètres, j’avais la sensation de revivre les derniers kilomètres de mes 20 km de Bruxelles que j’avais réalisé 5 mois après ma dernière chimio. Différentes émotions m’envahissaient. C’était un mélange de bonheur et de tristesse. Des larmes coulaient sur mes joues. Je me revoyais au cinquantenaire, face à moi, cette ligne d’arrivée, avec sur la gauche ma mère qui m’attendait afin de savourer ensemble ma victoire sur la maladie. Je venais de repasser la ligne d’arrivée pour la seconde fois ! A cet instant mes pensées était pour ma maman qui fut sans aucun doute la personne qui aura été la plus présente durant tout mon combat.

 

L’après :
Retour à la vie normale ! Une certaine appréhension est était là ! J’allais commencer un nouveau job après 5 semaines d’arrêt dont deux pour le projet EnVie. Malgré tout cela je me sentais léger et bien. Je venais de vivre une aventure extraordinaire. Ce n’était pas qu’un défi sportif ! C’était une expérience humaine, un retour aux sources, un rendez-vous avec moi-même. Pouvoir se retourner sur sa vie afin de prendre conscience du chemin parcouru, de la beauté de la vie malgré ses embuches. J’ai dû me battre pour en arriver là, cela n’a pas toujours été facile mais aujourd’hui, je suis heureux. Je vis ma vie, je profite du moment présent, je savoure chaque instant. Sans le savoir, je me suis offert le plus beau des cadeaux en réalisant cette aventure ! MERCI !!!

 
Sabine

Avant le départ, ce que je redoutais un peu c'était de quitter mes filles pendant 17 jours en période scolaire (et de gérer leurs "horaires de Ministres" qui nécessitait une bonne organisation ;) )

 

Pour ce qui est de l'entrainement, j'allais en salle de sport faire de l'élliptique ou des ballades de 10, 12 km de temps en temps, mais toujours en terrain assez plat,.... ce qui n'est évidemment pas le cas à la Réunion !!
Une bonne chose, c'est que mon cardio était très bon, malgré toutes les séries de chimios que j'ai pu encaisser avant...

 

Néanmoins, j'avais la crainte de ne pouvoir suivre les autres en montagne, car certains s'entraînaient beaucoup ou étaient assez sportifs dès le départ !
Je faisais ce voyage "POUR MOI", je savais que ça allait me faire du bien....

 

Comme on avait fait connaissance dans le groupe au fur et à mesure de nos événements assez festifs, j'étais impatiente de les retrouver pour ce défi que nous préparions depuis quelques mois ! ;)

Ce voyage,.... je l'ai adoré !!! :))

La première "ballade" était assez dure, et j'en voyais certaines qui couraient presque "comme des cabris" sur des pierres, !!

Ce jour- là, j'étais loin d'en être une ! moi ...de "cabri" !! ;)

 

Jean- Luc notre super kiné-guide nous a annoncé que cette première ballade était "la plus dure" ;) (ha ha sacré Jean -Luc!! :), je suis pas tout à fait d'accord avec ça, mais c'est vrai que c'était une bonne "introduction" on va dire ;)...

 

La suite ? chaque jour a été un émerveillement, bien sûr on était tous très fatigués, mais tout le parcours que Jean- Luc avait prévu pour nous: grimper jusqu'au volcan, le cirque de Mafate avec des paysages à vous couper les souffle et toute cette variété,: ...altitude, cascades, végétation, rochers, forêt avec une atmosphère particulière, le chants des oiseaux ...tout nous faisait AVANCER !

 

La dynamique du groupe a joué aussi bien sûr, et il y a eu toujours le RESPECT des autres, la BIENVEILLANCE: on s'attend, ...et on redémarre , ...

 

Chaque soir on a donné nos impressions, parlé de la maladie aussi , des effets secondaires des nos différents traitements: sur les articulations entre autre, la mémoire, la concentration , on a parfois pleuré aussi .mais surtout ON A RI !!! que du BONHEUR !!!
Le plus difficile physiquement pour moi a été d'atteindre le "piton des neiges", pas pour le nombre de kilomètres, mais à cause du terrain boueux, glissant et des cailloux qui "roulent" !

 

Belles émotions tout en haut au lever du soleil ....On l' a fait ! On pense à tous ceux qui sont partis, et on espère que cette "crasse de crabe" ne viendra plus JAMAIS nous embêter, que la science avance encore pour guérir de plus en plus.

Le retour en Belgique? heureuse de retrouver mes proches malgré la grisaille, mais surtout ENVIE de vivre de beaux projets avec eux aussi <3 ...

 

Ce challenge avec l'équipe En Vie m' a fait vivre plein de belles choses, je sens que mon sourire grimpe jusqu'aux oreilles, dès qu'on me dit: "alors, ce voyage" ? ;) . Ma maman m'a trouvée "transformée "aussi....

J 'ai hâte de revoir l 'équipe En Vie ! et souvent ! <3.... Simon D dirait sans doute: "je les kiffe", un créole dirait: ""mi aim a eu", je dirais que c'est un peu ma "nouvelle petite famille", c'est dire ! ;)
Merci à eux, et merci à tous ceux qui ont rendu ce projet possible !

 
Nathalie

Mon premier but pour moi, c’était d’arriver à faire ce défi dans son entièreté car j’ai beaucoup perdu d’un point de vue endurance suite au peu d’activité physique pendant mes traitements. Les traitements m’ont beaucoup fatigué et du coup, j’avais moins de courage pour faire une activité sportive. Les produits de chimiothérapie que j’ai eus, n’ont pas aidé non plus.

 

J’avais quelques craintes concernant mon rythme cardiaque qui était beaucoup plus élevé qu’avant les traitements mais les médecins m’ont assuré que mon cœur allait bien, il fallait juste que je m’entraîne bien pour le réhabituer à pomper normalement.

 

Le voyage m’a fait beaucoup de bien car le groupe était une source d’énergie inépuisable. Tout le monde était là pour se soutenir les uns et les autres. Lors de moments plus difficiles, on se stimulait, on se prenait dans les bras pour s’encourager, on se rassemblait pour discuter de choses qui allaient bien ou qui n’allaient pas et on essayait de trouver des solutions.

 

C’était un voyage prenant émotionnellement et physiquement.

Le retour fut assez dur physiquement car le lendemain je reprenais le travail à temps plein. Mais revoir mon mari, mes enfants et ma famille m’a fait énormément de bien. Ils m’ont beaucoup manqué là-bas. Je suis très contente et remercie tous les gens qui nous ont soutenus et écrit des gentils messages de soutien.

 
François

Ce voyage fut pour moi d'une double beauté: celle de découvrir l’île et ses paysages époustouflants, et celle d'accompagner le groupe, dont ma compagne Marie faisait partie.

 

L’île en tant que telle était assez différente de celles où j'ai pu me rendre dans le passé, dans les Caraïbes, mais c'est surtout son inaccessibilité par les moyens de déplacements conventionnels qui, en nous imposant la marche, m'ont permis de découvrir tous ces merveilleux endroits où peu s’aventurent.

 

Retrouver les sensations de vol en parapente m'ont aussi décidé à m'y remettre afin de goûter plus souvent à cette liberté qu'est celle de voler en observant le monde d'en haut...
L'autre aspect est d'avoir été là dans et pour le groupe.

 

En tant qu'accompagnant, j'ai eu l’occasion, à plusieurs reprises, d’alléger les membres qui en ressentaient le besoin, me rapprochant un peu avec le poids porté de leurs difficultés physiques dues à la maladie et à ses traitements.

 

Mais c'est en aidant ma compagne que j'ai pu me sentir le plus utile.
Elle a déjà pu témoigner sur les difficultés vécues dans cette aventure, et le moins que l'on puisse dire est qu'elle en a bavé à de nombreuses reprises, jusqu'à se retrouver dans l'incapacité de marcher tant les douleurs étaient fortes.
J'ai alors pu (du) la porter, au sens propre du terme, le temps que ces douleurs s’atténuent grâces aux médicaments...

 

De beaux partages, tant lors des marches qu'autour d'un verre, tant dans nos logements "villas" que dans des chambres sans électricité...
C'est une grande chance pour moi d'avoir pu accompagner un groupe uni dans l'adversité, mais tellement valeureux dans l'effort.

 
Simon

A 35 ans ma soeur a été diagnostiquée d'un cancer.  Ca a été le choc dans la famille d'autant que, de la fratrie, c'était Nathalie la plus sage.  Jeune, sportive, non fumeuse, pas grande buveuse. 

Pourquoi elle ?  Alors que nous, c'est par les deux bouts qu'on les brulait nos
chandelles...  Un instant abattue, elle s'est vite relevée et s'est battue pour virer cette tumeur. 

 

C'est dans son combat qu'elle a rencontré le groupe EnVie et son projet audacieux d'aller vaincre les sommets de l'Ile de La Réunion. 

 

Devant le besoin de visibilité du projet et avec l'envie de garder la mémoire de ces moments
exceptionnels, Nathalie m'a demandé si j'étais partant pour venir filmer leur aventure et raconter leur histoire. 

 

J'ai dit "oui" sans avoir besoin de réfléchir et je n'ai jamais eu à regretter ce choix.  Ca a été
un honneur intense de rencontrer ces gens exceptionnels et de les suivre tant bien que mal avec mes caméras. 

 

Car s'il est vrai qu'ils ont eu le cancer, ce n'est pas eux qui tiraient le plus la langue. 

J'ai donc porté mon sac avec tout mon matériel pendant plus de 100 kilomètres, la
caméra toujours dans les mains pour saisir tout ce que je pouvais, des
rires, des larmes, de la fatigue, des étoiles dans les yeux...  J'ai posé mon appareil pour faire des time lapses et saisir la prise du temps sur cette île aux oiseaux. J'ai joué avec mon drone au dessus des montagnes et des vagues.  J'ai recueilli des témoignages, j'ai volé des
moments magiques...

 

Mais le plus incroyable c'est d'avoir été accueilli comme un membre à part entière de ce groupe incroyable.  C'est mon premier documentaire et je ne l'oublierai jamais.

 
Bernard

Lors de ma 1ère rencontre avec Simon et Babette, qui souhaitaient un défi sportif, je ne m’imaginais pas, en proposant une randonnée à l’île de La Réunion, que ce serait une aventure aussi forte en émotions et en difficulté physique.

 

Ce séjour restera un grand moment dans ma vie, tant sur le plan humain qu’en tant qu’exploit physique.

 

Mais il n’était possible que grâce à la solidarité du groupe où entraide, écoute mutuelle, bienveillance, engagement furent  les ingrédients de cette force inouie.

Rares sont les groupes, à ma connaissance, qui peuvent se targuer d’avoir vécu 18 jours avec autant de fraternité et d’esprit de cordée sans réels heurts ou animosité.

 

Chaque membre s’est senti libre de pouvoir exprimer pleinement sa personnalité, avec ses forces et ses faiblesses, sans peur du jugement des autres.

 

Je me rappelle principalement 2 temps forts qui resteront gravés dans ma mémoire.

 

Le 1er fut dans le cirque de Mafate, après une longue marche éprouvante. Comme chaque soir, nous échangions nos ressentis, instant fort et authentique après tant d’efforts.

Chaque témoignage m’avait fort bousculé et profondément ému, tant ils faisaient référence à mes propres difficultés de vie.  C’était aussi tellement magnifique de les voir se livrer avec autant de sincérité et de profondeur.

Je pris conscience, ce soir-là, du cadeau immense d’être parmi eux et de pouvoir partager leur vécu si riche et si intense.

 

Le 2e m’a pris à la gorge au sommet du piton des Neiges, point final de notre défi. Je n’ai pas de mots pour exprimer l’intensité de ce qu’il s’est  passé à l’intérieur de moi. Nous voir tous présents, un exploit en soi, lorsqu’on sait d’où vous venez tous, et la mémoire de Babette et Bernard qui étaient présents dans mes pensées et mon cœur, c’était trop fort après vous avoir tous soutenus jusqu’au bout. Je me suis senti dépassé et tellement grand et fier à l’intérieur de moi ! J’en ai encore des frissons en repensant à ce moment.

 

Merci à vous, les patients, sans vous ce voyage n’aurait pas eu lieu, merci à Jean-Luc, il a donné une dimension exceptionnelle à ce séjour, merci à tous mes amis, mes proches, nos partenaires qui nous ont soutenus. Sans eux aussi, cet exploit n’aurait pas la même valeur.

Oui, nous avons  tous besoin de reconnaissance et ils nous donnent l’envie de vivre.

 
Jean-Luc

C’est avec un immense plaisir que je tiens à témoigner de l’engagement, de la persévérance, de l’entraide de ce groupe de 8 malades et de leurs accompagnateurs lors de notre randonnée de plus de 120 km sur les sentiers de l’île de la Réunion.

 

Mon rôle était de les guider sur ces sentiers que je connais bien, de palier aux petits bobos en tant que kiné et de favoriser l’expression des émotions que cette île intense fait remonter facilement à la surface.

 

Après une année d’entrainement, de participation à divers événements permettant de promouvoir notre projet et de récolter des fonds, c’est avec un peu d’appréhension que j’emmène le groupe EnVie dans une première randonnée réunionnaise d’une bonne douzaine de kilomètres et de 900 mètres de dénivelé positif et autant en négatif.

 

Cette randonnée est difficile, demande une bonne condition physique, des genoux et chevilles solides et un bon mental.

 

Vont-ils y arriver ?  Si oui, ils pourront venir à bout des autres randonnées que je leur ai programmées.  Si non, il faudra envisager de modifier l’intensité de la suite du programme.

 

Je pense qu’à certains moments, ils ont dû un peu me maudire, mais ils y sont tous arrivés et je suis sûr alors qu’on arrivera au bout du défi.

 

N’oublions pas en effet que c’est un défi, pas une balade touristique.  Le but est de les emmener au-delà de leur zone de confort mais de garder tout de même un objectif accessible.

 

L’expérience a été magique : en plus d’un effort physique, des émotions ont été libérées, des prises de consciences ont été faites, des décisions ont été prises pour le futur.

 

Je suis admiratif de l’engagement de tout le groupe et de sa cohésion. 

 

La réussite est collective.

 

En plus, nous avions avec nous un photographe et un vidéaste dont les nombreuses images sont les meilleurs témoins de cette épopée.

 

Merci pour tous ces moments d’émerveillement, de pleurs et de rires, de doutes et de foi, de fragilité et d’entraide, et surtout pour nos débriefings quotidiens, ces moments intenses car authentiques qui renforçaient chaque jour les liens qui nous unissaient.

 

Quand est-ce qu’on repart ?

Patrick
 

J’étais à un tournant de ma vie et je voulais expérimenter quelque-chose de fort… J’ai été servi.

 

Ce fût la VIE en lettres capitales: des moment d’émotions et de découvertes intenses. Face à des paysages extraordinaires, avec des gens extraordinaires. Extraordinaires par leur force et par leur caractère, extraordinaires par leur beauté intérieure et extérieure. Face à ces défis eux aussi extraordinaires, nous avons partagé une Intensité de Vie qui fait renaître l’enVie. 

 

Dans mon rôle de photographe, le challenge était d’adopter et conserver une posture de témoin, pour capturer, immortaliser cette aventure. Ce fût impossible, tant les moments que nous partagions étaient forts en efforts et en émotions. Au fil des chemins, des ascensions, des discussions, entre 2 déclics, j’écoutais l’histoire de mes compagnons, ils me racontaient leur cheminement face à la maladie et je photographiais leur ascension dans leur processus de guérison. L’énergie du groupe combinée à celle de l’île faisait émerger des émotions, tant était puissante la solidarité et les liens qui nous unissaient chaque jour davantage. 

 

Et puis, vint une de ces pirouettes de la vie qui nous offre une belle leçon d’humilité: à force de courir de gauche à droite et de bas en haut pour ramener des souvenirs à chacun, avec le matériel photo sur le dos, ce brave dos s’est exprimé, déclarant une jolie hernie discale. 
Je me suis alors retrouvé dépendant de ce groupe que je voulais soutenir, les rôles se sont inversés… J’ai dû accepter de me faire aider et soigner pour pouvoir continuer…

 

C’est ainsi que, malgré ce dos en douleur et une perte quasi-totale de sensibilité dans le pied, j’ai pu aller jusqu’au bout, porté par les bons soins, la bienveillance, la solidarité et l’énergie du groupe! J’ai pu les accompagner jusqu’au sommet du Piton des Neiges où j’ai eu le privilège de photographier l’arrivée de ces « warriors », de vivre avec eux ces moments si intenses qu’ils resteront à jamais gravés dans ma mémoire, pas besoin de photos…


Je venais pour effectuer un reportage photographique et j’ai vécu une magnifique aventure humaine. MERCI.

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